
Marc Bonnant – Mars 2016
15 mars 2016 à 20h00
Conférence
Corinne ou l’Italie :
Le deuil éclatant du bonheur
Marc Bonnant
Présentation
Dans Corinne ou l’Italie, Germaine de Staël retrace les trois étapes du cycle amoureux : sa naissance, sa « consommation » et sa fin. Comment la passion amoureuse entre Corinne et Oswald se déploie-t-elle ? Quel rôle paradoxal l’absence de l’objet désiré y joue-t-elle ? Leurs sentiments, engagés dans une histoire à rebours, s’éteignent au fur et à mesure que leurs âmes se livrent et qu’approche la fin tragique de l’héroïne.
Dans son « Introduction » à Corinne, Simone Balayé souligne que l’auteur prenait dans ses carnets de voyage des « notes rapides à propos des monuments, des paysages, des mœurs, du peuple et de la haute société ». Dans ses feuilles dispersées « on voit s’ébaucher les idées qu’elle gardera ou rejettera, tel projet, telle scène, telle réplique. […] Le hasard met sur son chemin toute sorte de faits et de gens qu’on retrouvera dans le livre ». Germaine de Staël ne donne pas seulement voix à ses idées, elle traduit aussi, tout en les masquant, ses propres expériences.
Conférencier
Marc Bonnant
Fils de diplomate et ancien bâtonnier, il est considéré comme l’un des meilleurs orateurs de langue française. En juin 2003, il reçoit les insignes de Chevalier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur en récompense “des services éminents rendus à la France, à sa langue et à sa culture”. Il sera, en 2010, promu au rang d’Officier. En juin 2007, il reçoit le prix du Rayonnement français des mains de Maurice Druon, secrétaire perpétuel de l’Académie française, pour sa contribution exceptionnelle à la défense et à l’illustration de la langue et culture françaises. Il participe régulièrement au festival de théâtre « Autour de Mme de Staël » à Coppet.
Entretien avec Marc Bonnant
Qu’est-ce qui vous conduit à être un orateur si fidèle des Rencontres de Coppet ?
Coppet stimule l’intelligence. L’esprit y souffle. Celui de la « singulière famille », qu’évoquait dans ses écrits Jacques Necker. Celui du Cercle de Coppet, notamment de Constant, Barante, Sismondi et de Bonstetten et Schlegel qui accompagnèrent un certain temps Germaine dans son voyage d’Italie en 1805 et à l’érudition desquels « Corinne » doit tant. Et l’esprit incomparable de Germaine de Staël, à la fois héritière des lumières et, après Rousseau, premier frémissement romantique. L’étendue de ses dons retient et fascine.
Germaine de Staël vit la plume à la main. Elle est romancière, essayiste, auteur dramatique, critique d’art, philosophe. Une intellectuelle engagée, dirait-on aujourd’hui, si l’expression n’était pas connotée sinistrement. La psychologie, la sociologie deviendront des disciplines majeures. Déjà avant qu’elles ne fussent théorisées, Germaine de Staël les pratique. suite
Cocktail à la fin de la soirée