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SUMMARY:Marc Bonnant - Mars 2016
DESCRIPTION:Conférence\nCorinne ou l’Italie :\nLe deuil éclatant du bonheur\nMarc Bonnant\nPrésentation\nDans Corinne ou l’Italie\, Germaine de Staël retrace les trois étapes du cycle amoureux : sa naissance\, sa « consommation » et sa fin. Comment la passion amoureuse entre Corinne et Oswald se déploie-t-elle ? Quel rôle paradoxal l’absence de l’objet désiré y joue-t-elle ? Leurs sentiments\, engagés dans une histoire à rebours\, s’éteignent au fur et à mesure que leurs âmes se livrent et qu’approche la fin tragique de l’héroïne. \nDans son « Introduction » à Corinne\, Simone Balayé souligne que l’auteur prenait dans ses carnets de voyage des « notes rapides à propos des monuments\, des paysages\, des mœurs\, du peuple et de la haute société ». Dans ses feuilles dispersées « on voit s’ébaucher les idées qu’elle gardera ou rejettera\, tel projet\, telle scène\, telle réplique. […] Le hasard met sur son chemin toute sorte de faits et de gens qu’on retrouvera dans le livre ». Germaine de Staël ne donne pas seulement voix à ses idées\, elle traduit aussi\, tout en les masquant\, ses propres expériences. \nConférencier\nMarc Bonnant\nFils de diplomate et ancien bâtonnier\, il est considéré comme l’un des meilleurs orateurs de langue française. En juin 2003\, il reçoit les insignes de Chevalier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur en récompense “des services éminents rendus à la France\, à sa langue et à sa culture”. Il sera\, en 2010\, promu au rang d’Officier. En juin 2007\, il reçoit le prix du Rayonnement français des mains de Maurice Druon\, secrétaire perpétuel de l’Académie française\, pour sa contribution exceptionnelle à la défense et à l’illustration de la langue et culture françaises. Il participe régulièrement au festival de théâtre « Autour de Mme de Staël » à Coppet. \nEntretien avec Marc Bonnant\nQu’est-ce qui vous conduit à être un orateur si fidèle des Rencontres de Coppet ? \nCoppet stimule l’intelligence. L’esprit y souffle. Celui de la « singulière famille »\, qu’évoquait dans ses écrits Jacques Necker. Celui du Cercle de Coppet\, notamment de Constant\, Barante\, Sismondi et de Bonstetten et Schlegel qui accompagnèrent un certain temps Germaine dans son voyage d’Italie en 1805 et à l’érudition desquels « Corinne » doit tant. Et l’esprit incomparable de Germaine de Staël\, à la fois héritière des lumières et\, après Rousseau\, premier frémissement romantique. L’étendue de ses dons retient et fascine. \nGermaine de Staël vit la plume à la main. Elle est romancière\, essayiste\, auteur dramatique\, critique d’art\, philosophe. Une intellectuelle engagée\, dirait-on aujourd’hui\, si l’expression n’était pas connotée sinistrement. La psychologie\, la sociologie deviendront des disciplines majeures. Déjà avant qu’elles ne fussent théorisées\, Germaine de Staël les pratique. suite \nCocktail à la fin de la soirée
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SUMMARY:Jacques Berchtold
DESCRIPTION:La Littérature du Nord : Goethe et Mme de Staël\nProfesseur Jacques Berchtold\, directeur de la Fondation Martin Bodmer \nPrésentation du sujet \n« DE LA LITTERATURE » de Mme de Staël fait preuve de son attrait précoce pour « la littérature du Nord ». Poussée par son admiration pour cette nouvelle tendance du romantisme\, elle se rend de 1803 à 1804 chez les plus grands romanciers et philosophes allemands à Weimar\, Frankfort et Berlin. A ce moment Goethe est déjà un homme célèbre dans l’Europe entière et chef de fil du mouvement littéraire et politique du « Sturm und Drang ». \nLa conférence est une occasion d’ouvrir un dialogue avec la culture allemande. Cette culture que Madame de Staël a fait connaitre aux Français. \nRésonances actuelles\nDans ses œuvres Goethe a pressenti les dangers de la société moderne : l’appauvrissement culturel; la progressive disparition d’un sens pour les valeurs\, menacée par une société trop occupée par elle même (et par l’argent). Il est alors permit de se demander où les réflexions de Goethe nous conduisent-elles aujourd’hui. \nConférencier: Jacques Berchtold\nAncien élève du collège Calvin et de l’Université de Genève\, il enseigna (1984-2000) la littérature française de la Renaissance au XIXe siècle dans les Universités de Berne\, Genève\, Yale et Johns Hopkins avant de devenir pensionnaire de l’Institut suisse de Rome. Professeur de littérature française du XVIIIe siècle à l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3 (2001-2008)\, il obtient une chaire dans la même discipline à l’Université de Paris-Sorbonne (2008-2014). Il fut aussi professeur invité à Harvard en 2011. Il reçoit en 2014 la distinction\, Chevalier de l’ordre des Palmes académiques. \nEntretien avec Jacques Berchtold:\nDe l’Allemagne est-il un vaste plaidoyer en faveur du renouveau de la vie culturelle germanique?\nDans De l’Allemagne (1813)\, Mme de Staël\, qui s’adresse au lectorat français\, met en relation contrastive les cultures respectives de la France et de l’Allemagne\, en définissant leurs traits caractéristiques. Cet ouvrage revêt une importance capitale : il vise à rendre accessible à un large public français la connaissance de la littérature allemande. Le panorama offert est évidemment stylisé ; l’ouvrage donne de la pensée allemande moderne et contemporaine une certaine image partielle et partiale ! En rupture par rapport aux poncifs et préjugés conventionnels (une Germanie gothique et rugueuse)\, cette étude d’ensemble est sans précédent et a de toute manière le grand mérite de présenter à la patrie de Pascal\, Descartes et Malebranche\, une image du voisin du Nord qui détone\, et notamment certains philosophes modernes très originaux (Fichte\, Kant\, Hegel)\, à côtés des dramaturges\, romanciers et poètes. Bientôt l’anglophilie du 18e siècle cédera la place à un nouvel engouement pour la philosophie venue d’Allemagne.
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SUMMARY:François Ost
DESCRIPTION:Conférencier: François Ost \nAuteur de « Shakespeare. La Comédie de la Loi » Paris\, Michalon\, Coll. « Le bien commun »\, 2012\nLieu: Château de Coppet \nConférence suivie d’un cocktail\, uniquement pour les membres \nThème de la Conférence: \nShakespeare et Mme de Staël : le droit dans la littérature\nMme de Staël voit dans Shakespeare l’homme de la littérature moderne. Dans ce cadre des Rencontres il est donc intéressant de comprendre mieux les écrits de ce grand écrivain et poète qui a tellement impressionné les hommes sortant du siècle des Lumières. Dans De la littérature (chap. XIII)\, Mme de Staël préconise l’art d’ « observer l’homme presque comme vivant » c’est-a-dire un homme démasqué et face à lui même. Elle partage le sens aigu de Shakespeare pour l’écart entre idéal et réalité. Entre le vrai\, le faux et le vraisemblable\, où passe la vérité ? \nRésonances actuelles\nAlors que s’ouvre le 29ème Salon du livre à Genève le 29 avril 2015 on doit s’occuper de l’enseignement du livre à l’école et à l’université. Le débat continue entre ceux qui défendent les « classique » et ceux préconisent la lecture des écrivains contemporains. Si l’éducation est plus que du savoir\, qu’est-ce qui peut servir de fondement à notre concept d’éducation ? C’est donc une occasion d’appro-fondir une réflexion sur notre système de transmission de valeurs aux plus jeunes de la société. \n\nFrançois Ost \nTitulaires de plusieurs prix et de récompenses il est à présent Professeur à l’Université de Genève\, Vice-Recteur des Facultés universitaires Saint-Louis à Bruxelles et Directeur de l’Académie européenne de théorie du droit. Il a publié des nombreuses livres sur les relations entre le droit et la littérature ainsi que trois pièces de théâtre. Ses travaux portent aussi sur la théorie et philosophie du droit\, la philosophie des droits de l’homme et\, la théorie du langage et de la traduction\, ainsi que la théorie du droit de l’environnement. \nEntretien avec François Ost :\n Que vous inspire Germaine de Staël\, en particulier son rôle comme femme écrivain? En me replongeant dans sa biographie et certaines de ses oeuvres\, je suis frappé par la modernité du personnage. Voilà une femme libre\, cosmopolite\, engagée; elle présente cette qualité très originale d’être à la fois modérée et radicale. Lire la suite Entretien avec François Ost
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SUMMARY:Léonard Burnand
DESCRIPTION:Conférence du 1er septembre 2015\nLittérature et diffamation: le pouvoir des pamphlets\nLieu: Château de Coppet\nConférence suivie d’un cocktail\, uniquement pour les membres \nThème de la Conférence: \nLittérature et diffamation : le pouvoir des pamphlets \nTextes de combat\, les pamphlets sont indissociables des circonstances qui les suscitent et des polémiques parfois violentes dont ils sont l’expression. Dans cette conférence\, Léonard Burnand mettra en évidence le rôle décisif qu’ont joué les libelles dans la culture politique française\, à la fin de l’Ancien Régime et sous la Révolution. Pour illustrer le pouvoir dévastateur de ces brochures\, il examinera en particulier le cas des pamphlets dirigés contre le père de Mme de Staël : le ministre des finances Jacques Necker\, cible privilégiée de cette littérature diffamatoire. \nRésonances actuelles\nEtudier les pamphlets du XVIIIe siècle permet de mieux comprendre les origines de la presse à scandale et de la « peopolisation » de l’espace public. Le dévoilement de la vie privée des responsables politiques et les campagnes de lynchage médiatique qui marquent notre époque ne constituent absolument pas un phénomène nouveau : de tels procédés étaient déjà largement en usage au temps de Necker et de Mme de Staël. Les « tabloïds » d’aujourd’hui ne font ainsi que recycler de vieilles recettes. \nLéonard Burnand\nDocteur en histoire\, Léonard Burnand est Directeur de l’Institut Benjamin Constant (Université de Lausanne) et Président de l’Association Benjamin Constant. Il est aussi Vice-Président de la « Fondation Othenin d’Haussonville pour le rayonnement de l’esprit de Coppet ». Spécialiste des Lumières et de la Révolution française\, il est l’auteur de plusieurs livres\, dont Necker et l’opinion publique (Paris : Honoré Champion\, 2004) et Les Pamphlets contre Necker : médias et imaginaire politique au XVIIIe siècle (Paris : Garnier\, 2009).
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SUMMARY:Jean-Marc Hovasse
DESCRIPTION:CE QUE C’EST QUE L’EXIL : VICTOR HUGO ET MME DE STAËL \nLes Rencontres de Coppet \nChâteau de Coppet\, 15 avril 2014\, 20 heures \nMadame la Municipale de Coppet\, \nMessieurs les Ambassadeurs\, \nMesdames et messieurs\, \nPermettez-moi de commencer en remerciant vivement Martina Priebe pour son invitation\, son organisation et son introduction – je pourrais continuer indéfiniment ces rimes riches sans épuiser ma reconnaissance. Merci aussi à Édouard Graham\, à qui Victor Hugo dirait « mon cher poète »\, le spécialiste des échanges littéraires\, que j’avais rencontré il y a un peu moins de six ans\, c’est-à-dire il y a un peu plus d’un lustre\, à l’occasion de la mémorable exposition « Passages d’encre » qu’il avait mise en scène à la fondation Martin Bodmer. Il s’agissait d’une partie de l’extraordinaire bibliothèque de Jean Bonna dont la présence ici\, pour sembler presque naturelle tant il apparaît un peu comme notre Necker à tous\, n’en est pas moins un grand honneur. \nMerci à vous\, M. l’Ambassadeur\, Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies à Genève et des organisations internationales en Suisse\, d’avoir consenti à vous distraire un moment des affaires bien plus importantes qui tourmentent le monde d’aujourd’hui\, mais il est vrai que vous êtes un esprit beaucoup plus lettré que votre alter ego M. de Staël – alter ego dans la carrière diplomatique s’entend –\, ce M. de Staël qui lui aussi venait du Nord*. \nLa disparition si récente du comte Othenin d’Haussonville nous plonge tous dans la consternation. Je me faisais pour ma part une joie de rencontrer ce membre éminent de la famille et des études staëliennes ; j’ai dû me contenter\, comme Chateaubriand en 1832\, de tourner autour du fameux « mur d’enceinte » où le mystérieux « bosquet funèbre »\, qui s’est ouvert une dernière fois pour l’accueillir il y a cinq jours\, protège le mausolée érigé en 1794 pour ses aïeux Mme Necker\, son mari et sa fille. \nMerci à M. Renzo Baldino\, directeur du château de Coppet\, pour l’excellent accueil qu’il nous a malgré tout réservé dans cette propriété si chargée d’histoire que l’on n’oserait jamais y prendre la parole – si l’on était ailleurs que dans son pressoir… d’autant que grâce à lui\, aux collections présentées\, et à ses deux guides aussi affables qu’érudits\, la visite du château donne une saisissante impression de temps retrouvé : on s’attend d’un instant à l’autre à voir surgir Necker\, Schlegel ou Benjamin Constant… Je lui dois du reste\, ainsi qu’à tous les organisateurs\, un remerciement à titre personnel puisque mon épouse\, qui refuse toujours de me suivre dans les universités comme dans les médiathèques\, a consenti pour la deuxième fois de sa vie à m’accompagner. La première fois\, c’était à Charlottesville\, dans la fameuse université de Virginie dessinée par Jefferson\, pour un colloque intitulé « « When Freedom Returns » : Exile for Victor Hugo and Other Engagé Writers » ; la deuxième fois\, c’est ici – ce qui prouve s’il en était besoin que Coppet et Mme de Staël\, cette « société vivifiante »\, cette « lanterne magique du monde » (Sismondi)\, font encore des miracles. \nVous êtes si nombreux – et pourtant\, j’avais annoncé que je ne parlerais pas de l’exil fiscal – vous êtes si nombreux que je ne peux hélas toutes et tous vous remercier personnellement. Cependant je pense à ce que notait dans son journal\, il y a 230 ans [le 6 juillet 1784]\, M. de Prangins qui avait quitté son château pour aller dîner avec son ami M. Necker à Beaulieu\, près de Lausanne : « Une visite d’aussi loin pour un seul dîner est presque un hommage ; je le rends de grand cœur […]. » À moi qui n’ai pas même un dîner à vous offrir*\, que pourriez-vous me dire\, vous qui venez quelquefois de beaucoup plus loin encore ? De Thonon-les-Bains et du Chablais français\, le pays sans ombre de mon enfance\, comme écrivait Henry Bordeaux\, d’où nombre d’entre vous\, parents et amis\, à l’image de M. Joseph Ticon\, président de l’Académie chablaisienne\, ont affronté la traversée de Genève\, que l’on dit redoutable\, pour arriver jusqu’ici ; de Besançon\, la ville où Victor Hugo naquit l’année où paraissait Delphine ; du pays de Gex cher à Voltaire où travaille Martine Farge de Rosny\, notre Élisabeth Vigée-Lebrun\, dont les bords du Léman font ces jours-ci l’ornement du musée Lamartine de Mâcon ; de Fribourg et de ses environs – et j’ai une pensée toute particulière pour mes si aimables compagnes de travail sur les écrits intimes de cette autre femme exceptionnelle qu’est la duchesse de Castiglione-Colonna\, dite Marcello (en les voyant réunies ici\, avec quelques autres\, je ne peux m’empêcher de les assimiler à ces « belles de Coppet » que Mme de Staël faisait danser dans son château pour l’agrément de ses visiteurs) ; j’en passe\, mais pas des meilleurs. Ce qui ne veut pas dire que je ne suis pas reconnaissant aussi\, cela va de soi\, à ceux qui viennent de Lausanne\, de Rolle\, de Prangins\, de Genève et même… de Coppet. À ce titre\, et je m’arrêterai là\, je suis particulièrement heureux de cette occasion qui m’est enfin donnée de rencontrer Doris Jakubec\, la plus illustre habitante de Coppet depuis Mme de Staël\, si j’en juge entre autres par ses travaux et ses éditions si remarquables de mes deux auteurs de prédilection que sont depuis toujours Charles-Ferdinand Ramuz et Guy de Pourtalès. \nC’est une bonne nouvelle pour ceux qui peinent à me suivre depuis maintenant six ans : j’ai presque fini mon tour du lac en conférences ! Certes\, je n’ai pas encore complètement renoncé à aller parler de Rousseau et de Victor Hugo dans les souterrains du château de Chillon\, de la rencontre entre Victor Hugo et Romain Rolland dans les restes de l’hôtel Byron à Villeneuve\, de Mme de Noailles dans le jardin de sa poésie à Amphion\, ou du peintre Enrico Vegetti\, l’Elstir de la Savoie\, dans son atelier de Nernier\, mais après la Fondation de l’Hermitage à Lausanne (24 avril 2008)\, le château de Ripaille à Thonon-les-Bains (16 janvier 2010)\, le théâtre Les Salons à Genève (20 novembre 2008)\, le château de Coppet\, terre sainte en ce mardi saint 2014\, m’apparaît tout de même comme le couronnement de ce pari un peu absurde que n’aurait pas désavoué Cingria. Même si la raison en est plus à chercher dans les hasards du calendrier que dans un quelconque mérite (et je n’en ai à vrai dire aucun autre\, pour vous parler de Mme de Staël\, que d’avoir été il y a maintenant plus de vingt ans l’élève indigne\, mais ébloui\, de Gérard Gengembre)\, je suis très flatté d’ouvrir ces rencontres internationales sous les figures tutélaires de deux auteurs dont le point commun le plus évident est d’avoir dû à l’exil un élargissement singulier de leurs perspectives et aussi\, ce n’est pas si fréquent que l’on puisse l’oublier\, d’avoir tous deux survécu\, plus ou moins longtemps il est vrai\, et très différemment\, à leurs exils respectifs. \nEn attendant\, sans la dynastie des Bonaparte\, le château de Coppet n’aurait pas rayonné sur toute l’Europe\, et la voix de Guernesey n’aurait pas retenti dans le monde entier. Mme de Staël n’aurait pas écrit de Londres à son amie allemande Mme de Berg « L’exil m’a fait perdre les racines qui me liaient à Paris et je suis devenue européenne » [5 mai 1814] ; Victor Hugo n’aurait pas écrit de Guernesey à son traducteur et éditeur italien M. Daelli [18 octobre 1862] : « À mesure que j’avance dans la vie je me simplifie\, et je deviens de plus en plus patriote de l’humanité./Ceci est d’ailleurs la tendance de notre temps et la loi de rayonnement de la révolution française ; les livres\, pour répondre à l’élargissement croissant de la civilisation\, doivent cesser d’être exclusivement français\, italiens\, allemands\, espagnols\, anglais\, et devenir européens ; je dis plus\, humains. » Sans la dynastie des Bonaparte\, pas de Corinne ni de Misérables ; le romantisme n’aurait pas eu la même forme\, ni peut-être le même nom\, et nous ne célébrerions ni le bicentenaire de De l’Allemagne (au mois près pour ses éditions française et suisse)\, ni le 150e anniversaire de William Shakespeare\, l’essai de Victor Hugo sorti des presses – c’est au jour près – le 16 avril 1864. \nAvant d’entrer dans l’étude ponctuelle de Mme de Staël et de son exil vus par Victor Hugo pendant son propre exil\, arrêtons-nous un instant sur une année importante entre toutes : 1817. 1817\, c’est à la fois l’année de la mort à Paris\, suivie de l’enterrement à Coppet\, de Mme de Staël\, et l’année qui marque officiellement l’entrée dans la carrière littéraire d’un jeune poète encore inconnu\, Victor Hugo. ….. \n* M. Nicolas Niemtchinow. \nPour la suite de la présentation (version conférence) veuillez vous adresser à \nMartina Priebe\, rencontres@châteaudecoppet.ch
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SUMMARY:Marc Bonnant
DESCRIPTION:Qu’est-ce que la littérature?\nLe tournant des Lumières marque une nouvelle étape dans la définition du concept de « littérature ». Démocratisée par la législation révolutionnaire et la banalisation d’un exercice qui n’est plus le monopole d’une élite ni d’un corps privilégié\, l’écriture s’appuie sur l’essor de la presse : ses pratiques y gagnent une nouvelle diversité\, dont la production « polémique » (du grec polemos : guerre) constitue l’un des meilleurs exemples. Ces textes engagés s’inspirent de l’actualité\, dont ils condamnent les scandales\, les affaires religieuses\, les crises politiques. S’impose simultanément la revendication d’un droit à la parole des « victimes » de la persécution\, de l’injustice ou du pouvoir : » l’œuvre de la femme proscrite que fut G. de Staël témoigne de cette ouverture nouvelle de la tribune littéraire. \nRésonances actuelles\nQuand Jean-Paul Sartre écrit en 1948 Qu’est-ce que la littérature ?\, il revendique un nouveau genre littéraire\, fondé sur des forme courtes et polémiques : article\, lettre ouverte\, chanson. La littérature se rapproche davantage de la presse\, message éphémère et pointu. Ce rapprochement entre la presse et la littérature fut aussi le sujet d’une exposition en automne 2014 à la Fondation Bodmer à Genève. Le musée invitait la collection du journaliste et porte-parole du l’OMC\, Joseph Bosch\, sur les « unes » de la presse pour y « opposer » le livre au fil des siècles. \nMarc Bonnant\nFils de diplomate et ancien bâtonnier\, il est considéré comme l’un des meilleurs orateurs de langue française. En juin 2003\, il reçoit les insignes de Chevalier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur en récompense “des services éminents rendus à la France\, à sa langue et à sa culture”. Il sera\, en 2010\, promu au rang d’Officier. En juin 2007\, il reçoit le prix du Rayonnement français des mains de Maurice Druon\, secrétaire perpétuel de l’Académie française\, pour sa contribution exceptionnelle à la défense et à l’illustration de la langue et culture françaises. Il participe régulièrement au festival de théâtre «Autour de Mme de Staël» à Coppet.
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SUMMARY:Marc Bonnant
DESCRIPTION:La censure – l’offense de la morale à la liberté\nMadame de Staël et la censure aujourd’hui\nÀ l’époque de Mme de Staël\, la pratique de la censure se modifie: de purement préventive (examen du manuscrit)\, celle-ci devient répressive (saisie et procédure juridique). Germaine de Staël peut voir son livre De l’Allemagne réhabilité après la chute de Napoléon. Baudelaire n’aura pas cette chance: il faudra attendre 1949 pour que les juges considèrent que Les Fleurs du Mal ne contrevient pas aux bonnes mœurs. Madame Bovary vaudra également à son auteur les foudres de la justice. Nous proposons ici d’examiner la notion de censure telle qu’elle a existé à l’époque de Mme de Staël et telle qu’elle existe aujourd’hui. \nMarc Bonnant\nFils de diplomate et ancien bâtonnier\, il est considéré comme l’un des meilleurs orateurs de langue française. Il obtient sa licence de droit en 1967 et son brevet d’avocat en 1971. A l’âge de 41 ans\, il devient le plus jeune Bâtonnier de l’histoire genevoise et helvétique.En juin 2003\, il reçoit les insignes de Chevalier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur en récompense “des services éminents rendus à la France\, à sa langue et à sa culture”. Il sera\, en 2010\, promu au rang d’Officier. En juin 2007\, il reçoit le prix du Rayonnement français des mains de Maurice Druon\, secrétaire perpétuel de l’Académie française\, pour sa contribution exceptionnelle à la défense et à l’illustration de la langue et culture françaises. Il participe régulièrement au festival de théâtre «Autour de Mme de Staël» à Coppet. Récemment il a joué dans\n« Le procès – le cas Wagner » mis en scène au Grand Théâtre à Genève avec Alain Carré et Bernard-Henri Lévy\, en prenant la défense du musicien.
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LOCATION:Château de Coppet\, Salle du pressoir\, Coppet\, 1296\, Suisse
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SUMMARY:Isabelle de Conihout et François Moureau
DESCRIPTION:Les auteurs victimes des formes multiples de la censure sous la monarchie du XVIIIe siècle jusqu’à la IIIe République\nMadame de Staël et la censure entre le XVIIIe et XIXe siècle en France\nSous l’Ancien Régime\, un livre n’est publiable en France que s’il a obtenu une « approbation »\, censure du contenu\, par un censeur nommé par le Chancelier\, et que s’il est pourvu d’un « privilège’\, droit de reproduction exclusif accordé par le pouvoir royal à un auteur et\, le plus souvent\, à un libraire-éditeur. Il existe évidemment de multiples manières de contourner ces obligations. La Déclaration des droits de l’homme de 1789 proclame que tout citoyen peut « parler\, écrire\, imprimer librement\, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ». La liberté de la libre expression proclamée par la Révolution ne dura pas très longtemps. La censure\, rétablie à plusieurs reprises\, fonctionna sous le Consulat et l’Empire. La saisie et de la destruction de l’édition originale du livre de Madame de Staël\, « De l’Allemagne »\, en septembre 1810\, en est l’épisode le plus célèbre. La chute de Napoléon ouvre une nouvelle ère : la censure préalable est supprimée pendant les Cent-Jours\, suppression confirmée par Louis XVIII le 20 juillet 1815. La conférence s’attachera à retracer les principaux épisodes et les multiples formes de la censure des livres en France aux XVIIIe et XIXe siècles\, jusqu’aux débuts de la IIIe République. \n  \nIsabelle de Conihout\nChef du bureau du Patrimoine des bibliothèques au Ministère de la Culture de 1983 à 1986\, puis Conservateur à la Réserve des livres rares de la Bibliothèque nationale de 1986 à 1998\, elle est depuis 1998 conservateur en chef à la Bibliothèque Mazarine (Institut de France). Elle a consacré sa thèse d’Ecole des Chartes à la surveillance des métiers du livre en France pendant la première moitié du XIXe siècle et est secrétaire de l’Association des Amis des Nouvelles du Livre ancien et membre du Grolier Club et de l’Association internationale de bibliophilie. Son domaine de recherche privilégié est l’histoire de la bibliophilie et des amateurs de livres. Elle est une spécialiste de l’histoire de la reliure.\nElle a publié de nombreux articles\, catalogues d’expositions et publications\, seule ou en collaboration\, dont La Restauration : contrôle et liberté de la presse\, 1984; Botanica in originali : livres de botanique réalisés en «nature-printing « . Le plus récent est Les premiers amateurs de romans de chevalerie\, le peintre Daniel Dumonstier (1574-1646)\, en 2012. \nFrançois Moureau\nProfesseur émérite de Littérature française du XVIIIe siècle à l’université Paris-Sorbonne\, membre de l’Académie royale flamande de Belgique des Sciences et des Arts. Historien du théâtre et des voyages\, il est aussi un spécialiste de la communication imprimée et manuscrite à l’Âge classique.\nCollaborateur des deux dictionnaires des journaux et des journalistes (1600-1789) publiés par Jean Sgard (1991\, 1999) (150 notices environ)\, directeur de collectifs : Les Presses grises. La Contrefaçon du livre (XVIe-XIXe siècles) (Paris\, Aux Amateurs de Livres\, 1988). De bonne main. La Communication manuscrite au XVIIIe siècle (Paris\, Universitas\, Oxford\, Voltaire Foundation\, 1993)\, il est l’auteur du Roman vrai de l’Encyclopédie (Paris\, Gallimard/Découvertes\, 1990 et 2001)\, du Répertoire des nouvelles à la main. Dictionnaire de la presse manuscrite clandestine. XVIe-XVIIIe siècle (Oxford\, Voltaire Foundation\, 1999) et de La plume et le plomb. Espaces de l’imprimé et du manuscrit au siècle des Lumières (Paris\, PUPS\, 2006. Académie française\, Prix Roland de Jouvenel 2007). De 2000 à 2012\, il a été directeur des Presses de l’université Paris-Sorbonne (PUPS).
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SUMMARY:Léonard Burnand
DESCRIPTION:La Révolution française vue de Coppet\nA 18h00: Vernissage de l’Exposition temporaire \n« Le Groupe de Coppet face à la chute de Napoléon » \nChâteau de Coppet du 20 mai au 31 octobre 2014 \nExposition organisée sous l’égide de la \nFondation Othenin d’Haussonville pour le rayonnement de l’esprit de Coppet \nConception et réalisation: Institut Benjamin Constant \nLe Groupe de Coppet et la Révolution française\nLe second volet de ce cycle de conférences est consacré à la Révolution française et à la façon dont ce bouleversement décisif pour l’Europe entière a été vécu et interprété par le Groupe de Coppet. Tout comme son père Jacques Necker et son ami Benjamin Constant\, Mme de Staël a été profondément marquée par la Révolution\, à tel point que l’analyse de cet événement occupe une place centrale dans ses écrits. Son œuvre politique et littéraire (y compris De l’Allemagne) ne peut donc se comprendre qu’à la lumière du contexte historique issu du tournant de 1789. SesConsidérations sur la Révolution française constituent à la fois un testament intellectuel et un manifeste en faveur de la liberté. Depuis quelques années\, la référence à la Révolution française est à nouveau présente dans le discours politique et médiatique\, notamment en raison de la Crise économique qui sévit depuis 2007-2008 et des mouvements révolutionnaires du « Printemps arabe » de 2011. Ce regain d’intérêt pour la Révolution française rend d’autant plus nécessaire le fait de remonter aux sources et de revisiter les premières grandes interprétations des événements compris entre la réunion des Etats généraux et la chute de Robespierre. \n  \nLéonard Burnand\nDocteur en histoire\, Léonard Burnand est Directeur de l’Institut Benjamin Constant (Université de Lausanne) et Président de l’Association Benjamin Constant. Il est aussi membre du Conseil de la Fondation Othenin d’Haussonville pour le rayonnement de l’esprit de Coppet.\nSpécialiste des Lumières et de la Révolution française\, il est l’auteur de plusieurs ouvrages\, dont Necker et l’opinion publique (Paris : Honoré Champion\, 2004) et Les Pamphlets contre Necker : médias et imaginaire politique au XVIIIe siècle (Paris : Garnier\, 2009). \nIl participe également à l’édition scientifique des Œuvres Complètes de Benjamin Constant (Berlin : De Gruyter) et des Œuvres Complètes de Madame de Staël (Paris : Honoré Champion). En outre\, il a publié de nombreux articles\, dans des revues telles que Dix-huitième Siècle\, la Revue d’histoire des sciences\, les Annales Benjamin Constant\, les Cahiers Staëliens ou la Revue Voltaire.
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